Les gnaoua sont les descendants d'anciens esclaves originaires du Ghana, de la Guinée et du Mali. Constitués en confréries à travers le Maroc, les gnaoua sont des maîtres musiciens (maâlem), des joueurs de crotales (qrabeb), des voyantes, des mediums et des adeptes.

Leurs pratiques, à la fois musicales, initiatiques et thérapeutiques, mêlent des apports africains et arabo-berbères. Bien que musulmans, les ganoua fondent leur spécificité sur le culte des jinn (esprits) et leurs rites ont conservé nombre de traits propres aux cultes de possessions africains.

Les rites gnaoua s'incarnent dans sept couleurs, qui correspondent à sept suites de rythmes. Le mouvement centrifuge de la danse représente le mouvement des planètes.

La cérémonie la plus importante des gnaoua est la lila, elle dure toute la nuit, sa fonction est essentiellement thérapeutique. Les lilas ont généralement lieu pendant le mois qui précède le ramadan.

Durant la célébration, le maâlem, accompagné de sa troupe, appelle les saints et les entités surnaturelles à prendre possession des adeptes, qui s'adonnent alors à la transe.

La cérémonie comporte trois phases :

- Laada (coutume) Procession tout en couleurs et en musique incitant à la danse.

- Koyo (souvenirs) Jeu préliminaire au cours duquel les souvenirs des anciens sont évoqués, mimés et dansés.

- m'louk La phase finale, C'est le moment où de l'encens et des bouts de tissus des septs couleurs sont amenées sur un plateau. C'est le moment où les esprits commencent à "apparaïtre" amenant la transe.

Les instruments de musique :

- le guembri : luth-tambour à trois cordes, de registre bas, il joue une musique pentatonique. Il a la forme allongée d'un demi-tronc d'arbre coupé transversalement.

- les qrabeb (crotales) : le percussionniste gnaoui actionne dans chaque main entre le pouce et le medius deux paires de crotales en forme de huit et produit par entrechocs tous les détails du rythme.

- le tbel : un grand tambour Le rythme : dans l'exécution de la lila le rythme joue un rôle essentiel. le gnaoui superpose des formules binaires et ternaires. Le battement des mains et les percussions ont une fonction importante dans le rythme. Comparable au vaudou d'Haïti et à la macumba du Brésil.

Lexique :

Maâlem : maître de cérémonie

Moqadma : prêtresses

Tallaâtes, chouwafates ou arifates : voyantes-thérapeuthes

Mlouk : entités surnaturelles

Guembri ou Hajhouj : luth-tambour à trois cordes

Aouicha : petit guembri

Quaqabates ou qraqech : crotales

Tbel : tambour

Ftouh errahba : début du répertoire mlouk

Derdeba ou lila : cérémonie du rite de possession

Hal ou jedba : transe

Koyo : répertoire musical antéislamique

Source : l'univers des gnaouas, La pensée sauvage, édition le Fennec. Elaboré par Abdelhafid Chlyed.